mercredi 18 novembre 2009

How are you today ?


Depuis maintenant presque deux mois, je donne des cours particuliers d'Anglais afin d'arrondir mes fins de mois. Grâce à de nombreuses escapades et autres séjours aux pays de Shakespeare, je maîtrise très bien la langue. Je n'ai pas de formation dans l'enseignement, mais je suis toutefois assez intelligente pour suivre les cours et aider aux devoirs de collègiens.
Mon plus jeune élève s'appelle Timothé, et est en CM2. Il est très intéressant car très intéressé par la langue - il n'a pas besoin de soutien, il veut juste apprendre plus vite qu'à l'école, ou l'instit' ne dépasse pas le stade des couleurs et des jours de la semaine.
Lors de l'avant-dernier cours, j'ai appris à Tim toutes les façons d'exprimer des sentiments. Je débarque donc hier avec un grand "Hello! How are you today?" qui se voulait friendly et motivant.
En retour, j'obtiens un "I'm saaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaad" plein de larmes.
Toto, le cochon d'inde adoré, venait de rendre l'âme. Il n'aurait pas pu mieux choisir son heure.
(VDM)
Au moins, le gamin m'a répondu en Anglais, preuve que mes leçons sont efficaces!

jeudi 12 novembre 2009

Batarde

Lundi, je croise par hasard ma tante (du côté paternel) à la salle de gym. Elle m'invite à venir dîner chez elle le soir même car mon autre tante (sa soeur), est de passage en ville et repart le lendemain.
J'accepte.
En arrivant (après avoir tourné 15minutes sous la pluie, ne me rappellant pas son adresse précise), tante n°1 me demande :
"Tu sais quel jour on est, aujourd'hui?"
Me croyant questionnée sur ma grande culture gé, je réponds fièrement :
"Oui! Les 20 ans de la chute du mur de Berlin!"
tadaaa, je fais mon effet, hein?*
Et... non.
"Raté. C'est l'anniversaire de ton père."
Oops. Comment pouvais-je le savoir, aussi? Je n'ai jamais su grand chose à son sujet, et j'avoue que sa date de naissance n'a jamais figuré dans le peu d'informations amassé à ce jour.
Elle ajoute :
"Et celui de ton oncle Jean-Marc
(mari de Tante N°2), et de ta grand-tante Armande, aussi"
Ma famille ferait-elle une fixation sur la date fatidique du 9 Novembre?

En tout cas, interrogée sur une question dont je ne pouvais connaitre la réponse, je ne me suis jamais sentie aussi ignarde, bête, mais aussi jamais autant batarde.

jeudi 5 novembre 2009

Passe-Partout

Cela va faire 3 mois que je consulte un psy afin de m’aider à y voir clair dans ma vie et mes semis-échecs. "Semis-réussites", l’entends-je me corriger. C’est fou, les psys, une fois qu’on les connait, on les a toujours en tête – comme nos problèmes.

Je ne suis pas trop sûre d’accrocher avec le mien, et ça, à ce qu’il parait, c’est essentiel. Trouver un bon psy, c’est à peu près aussi nécessaire et difficile que de se trouver un mec bien. Je n’en suis qu’à mon premier, alors c’est normal si je ne le sens pas trop.
Mon psy est un homme en fin de carrière, la soixantaine bedonnante, le cheveux blanc et à moitié sourd. C’est assez agaçant de devoir répéter quelque chose trois fois, mais quand c’est un fait qu’on a du mal à accepter et à formuler à voix haute, la gorge pleine de larmes, c’est une torture. Moi qui croyait qu’un psy gagnait bien sa vie, ou du moins assez bien pr s'équiper d'un sonotone high-tech… apparement, ça ne doit pas être le cas de celui-ci. Ou alors, il éprouve un certain plaisir sadique au fait de nous faire avouer un truc dur trois fois. Je penche pour la seconde option. D’autant plus, que, la dernière fois que je l’ai appelé pour prendre un RDV, monsieur n’était pas disponible : « Je suis très occupé, je suis sur un chantier en ce moment. Rappelez-moi demain ». Un chantier ? Ma main à couper qu’il se fait construire une piscine grâce à Claude, l’amie de ma mère semi-tragique qui va le voir une fois par semaine depuis neuf ans. Neuf ans ! J’éspère venir à bout de mes soucis plus rapidement. D’ici 6 mois, en fait, ce serait bien.
Mais ce n’est pas gagné : lors de mon dernier entretien, il me rappela qu’il n’était pas là pour me donner conseils ou avis personnel. Je le sais, ça. Mais je voudrais qu’il me pousse sur des pistes, que cela m’aide à me poser les bonnes questions, que je réalise certaines choses. Ce à quoi il répondit « Mais je ne peux pas vous aider plus. La clé est en vous, mademoiselle. »
La clé est en vous.
La clé est en vous.
Débourser 41€ pour entendre ça ? J’aurais pu faire aussi bien en piochant un fortune cookie au resto chinois du coin.
La clé est en moi, donc.
Comme si je n’avais pas déjà envisagé chaque aspect de ma vie sous toutes les coutures afin de trouver une solution potable à mes problèmes… Il faut croire que je n’ai pas trouvé la clé.

Ah, si, ! Telle une participante à Fort Boyard, j’ai récolté une clé : devenir riche, ne plus avoir à travailler – ma vie serait ainsi réglée. Mais je ne peux gagner au loto rien que par la volonté. Mon seul espoir est d’épouser un vieux plein aux as – mais je n’en connais pas des masses ! A part…
Mon psy !
Yuk. Un truc de plus à enfouir dans mon inconscient et à ne pas ressortir lors de la prochaine séance.

lundi 5 octobre 2009

Confession #1

Aucun homme ne m'a jamais offert de fleurs.
Hormis la fois ou mon copain Guillaume, alors que nous dinions dans une pizzéria, a acheté une rose à ce marchand ambulant parce qu'il avait pitié - du marchand ambulant qui se faisait refouler par tous les clients, pas de moi.

jeudi 1 octobre 2009

Dans Paris


La semaine dernière, j'ai décidé de prendre un break et de retourner quelques jours à Paris. Excuse : un concert que je ne pouvais pas rater. Je comptais aussi profiter de ce court séjour afin de revoir des amis et retrouver un semblant de vie sociale.

Le simple aller bled->Paris fut épique.
Alors que j'attendais ma correspondance dans une petite gare, un étudiant fauché ressemblant à Raphaél Mezrahi, renommé "enquêteur" pour l'occasion, me proposa de répondre à quelques questions sur la SNCF et la gare elle-même. J'aurai refusé si j'avais su que son questionnaire recensait 96 (96!!!!) questions assez insipides, qu'il anônnait en me montrant son Palm (oui, c'est démodé, le papier). Je sais lire, merci, et donnait les réponses avant même qu'il n'ait finit sa phrase - c'est qu'à cette allure, je craignais de rater mon train!
Une fois l'interrogatoire terminé, il peinait à trouver des questions afin de me rester autour - c'était de la drague, je crois. Jusqu'au moment où il fut interrompu par un illuminé, assis deux sièges plus loin, qui m'apostropha pour me vanter l'humilité, tout en me demandant si je parlais Français. Alors comme ça, je me la pète et je parle mal ma langue maternelle?
J'allais prendre Raphaél à parti en lui demandant si j'avais fait preuve d'un manque d'humilité à son égard, quand je me rends compte, qu'efrrayé par l'huluberlu, il s'est taillé interroger quelqu'un d'autre! Tu parles d'un preux chevalier.
Le mec achève sa tirade (je crois qu'il en était à la simplicité dans les rapports humains) et Raphael revient alors, en me demandant si je pense que le type est dans une secte. Sans me laisser le temps de répondre, il me demande si je cherche un copain. Quel tact! Je réponds non. "Pourquoi?
-Ce serait un poids."

Dans le mille! Il me lance un regard paumé et s'en va.
Miraculeusement, mon train déboule sur le quai au même moment...

Dès que je pose le pied sur le sol Parisien, j'ai le coeur brisé. Sentiment nouveau. Bien vite, j'en comprends la cause : rien désormais ne me rattache à cette ville que j'aime tant. En jetant un oeil à mon portable, je me surprends à espérer recevoir un SMS haineux de mon ex = n'importe quoi qui me relierait à cette terre d'accueil serait le bienvenu.

Dix minutes plus tard, mon voeux est presque exaucée. SMS, de Rose, qui m'annonce un concert le lendemain - elle est sur la liste, je peux être son +1. Ma vie reprend en un clic technologique.

Le concert que j'attendais tant est un succès. Connaissant un peu le groupe et surtout leur attachée de presse, nous sommes de la partie pour l'aftershow dans un bar branché de la capitale. Le leader d'un autre groupe branché est aux platines. Très stylé, il porte ce soir une veste en tweed sur une chemise saumon, et des aviateurs à branches métalliques - manque plus que la moustache, et il serait un pervers mode 70s parfait. Celà dit, même décalé, il est sexy.
J'accoste un photographe anglais talentueux que j'adore et avec qui j'ai déjà travaillé via le label, il m'invite à son anniversaire deux jours après, en me promettant de me présenter à des gens. Bingo. Un roadie Britannique -qui lui aussi bosse pour les groupes du label où j'étais stagiaire- me dit que je suis "such a dodgy French, so into indie". Je décide de le prendre comme un compliment.

Les jours suivants, je me promène, revoit Thérésa, une amie un peu plus agée mais dont je suis très proche. Je vais aux puces, retrouve David pour aller voir une installation dans une expo, créée par sa coloc. Le thème de l'installation est le chemin parcouru par les gens, où celà nous mène, comment ça nous construit, de quoi sommes nous fait. Suite à ça, je me pose beaucoup de questions : où est mon chez moi? Paris n'est apparement plus ma maison, je n'ai jamais considéré mon bled comme tel. Londres, où j'ai passé un an, ne fait pas non plus office de refuge.
Je ne sais pas vraiment où je vais.
Rose m'héberge une nuit, mais je la sens réticente, notre amitié semble avoir souffert de l'éloignement.
Je ne sais pas vraiment où j'en suis.

Partout où je suis, partout où je vais, c'est toujours ce même refrain qui me revient en tête : "I don't belong here" (Radiohead, "Creep").

Quoiqu'il en soit, ce séjour s'achève sur une note amère mais peut-être apaisante. Je réalise qu'autant que j'ai pu aimer ce monde de dingue, je pourrais en être séparée demain et ça ne me manquerait pas énormément.
Une phase est passée.
Mais quelle est la prochaine? Que dois-je faire? Comment et de quoi vivre?

vendredi 4 septembre 2009

Life of Pippa.

Grasse matinée - je ne travaille pas. Soins esthétiques (masque home-made aux oeufs), shopping (Monop' et Carouf), soirée divertissante (location de DVD).
Je vis la vie de Paris Hilton. Version chômeuse.

dimanche 16 août 2009

Can you keep it a secret ?

Lors de ma dernière séance chez le psy, celui-ci me demanda :
"Quel est l'évènement de votre passé qui ressort le plus en ce moment?"

Pas besoin de chercher longtemps pour trouver la réponse : l'absence de mon père.


Vous pouvez garder un secret?
Je suis un enfant illégitime.
M'avoir été refusé le droit de porter le nom de mon géniteur fait que maintenant, obtenir l'attention d'un homme est le privilège suprême à mes yeux.
Pas besoin de vous préciser que ce statut a donc des conséquences désastreuses sur ma vie privée. (voir premiers posts).

J'ai toujours le sentiment de ne pas être à ma place, où que je sois. Que je n'intéresse pas vraiment les gens avec qui je suis, qu'ils n'apprécient pas vraiment ma compagnie. Je suis un poids. Et ce sentiment est lui-même un boulet pesant sur ma propre vie.

Je n'adhère pas trop aux théories Freudiennes, mais cela, ainsi que mon inaptitude avec les hommes, remontent certainement au jour où mon père a refuser de reconnaître mon existence.

Bingo! Je sais ce qui ne va pas chez moi, plus besoin de thérapie...
... mais connaître son mal (et j'en suis consciente depuis un petit bout de temps) n'aide pas toujours à s'en sortir.

Mon père a refusé de me donner son nom et par ce fait, il mit ma vie entière entre parenthèses.

samedi 8 août 2009

Toucher Le Fond


Je suis donc rentrée. La queue entre les jambes - si seulement j'avais la chance d'être un chien.

J'ai l'habitude de revenir dans cette petite ville de Province, je connais ce sentiment de mal-être, mais d'habitude, mon billet retour pour Paris me réconforte, et être en sa possession m'aide à tenir jusqu'au jour du départ pour le retour à mon travail, ma vie sociale... le retour à l'espoir de enfin avoir une vraie vie.
Mais depuis ce 31 Juillet au soir, je sais que je ne repartirai pas. Du moins, pas aussi vite que d'habitude.

Même pas 10 jours sur place, et j'ai l'impression d'être dans un bocal trop étroit pour mes nageoires ambitieuses. Aller à la salle de sport? C'est fermé le weekend. Quoi? Mais c'est à ce moment que la plupart des gens sont libres d'y aller! Voir le dernier film intéressant? Il ne passe qu'en VF... quand il est à l'affiche. La plupart du temps, le cinéma local parie plus sur les blockbusters débiles que les documentaires ou films à réflexion. Faire du shopping? Je suis fauchée, et, de toute façon, sans vouloir être snob, je ne m'habille pas en supermarché. La plus proche boutique, la plus proche "grand ville" est à 50km. Trois bus par heure. Pas de livraison de pizzas à domicile. C'est un peu comme les USA, ici : sans voiture, c'est dur de vivre. Mais je n'ai plus vraiment l'habitude de dépendre de ma mère depuis mes 18 ans, alors j'ai tendance à moisir chez moi. Enfin, chez ma mère. Je n'ai plus de chez moi, maintenant.

Les démarches administratives. La sécu. Les assédics -oops pardon, le Pôle Emploi maintenant. Qui n'ont toujours pas validé mon dossier. Tout comme le personnel de la CAF à oublié de mettre en place mon allocation RSA. Je suis à découvert et n'ai que 10 cents en poche, ma mère me véhicule, me loge, me nourrit, paye mes frais de pharmacie.
BOULET.

Ma mère, pourtant, refuse que j'emploie ce mot. Depuis mon retour, effectué dans les larmes, elle est plus que pédagogue. Cette fois-ci, elle n'a pas ignoré mes pleurs. Au contraire. Elle s'est inquiétée. Ma perte de poids, mes crises de larmes, mes pensées noires, ma situation en générale... Elle m'a directement emmené chez le psy (dans une ville voisine, à 35km - nous n'avons pas la chance d'avoir un psy dans notre ville. Par contre, on a un McDo.).
Ma mère se conduit en mère, aimante et à mes côtés. On redevient même un peu complices. J'éspère que ce n'est pas une hallucination liée à mon traitement...

Depuis les quelques visites chez le psy, son traitement à coup de cure de sommeil et de Xanax, je vais un peu mieux. Je ne m'écroule plus à la moindre contrariété. Je peux faire face aux dogues qui travaillent à la C.P.A.M. Je suis capable d'écrire un blog.
Je suis chimiquement d'aplomb, quoi.
Mais au fond les problèmes persistent. Donnez moi un travail! Un travail = une vie. Mon royaume pour un travail!

Pourtant, il faut regarder les choses en face : rien n'arrivera ici. Et pas à cette période de l'année. Le Pôle-Emploi a utilisé les mêmes mots que la dame de l'ANPE de Paris : "bouche à oreille, contacts...". Je sais. Je ne le sais que trop bien...
Je suis une voie sans issue.

Avant de retourner à une rediffusion de "Sous le Soleil" (mes samedis soirs sont aussi passionants que ça, ici, éh wais), petite devinette :
J'ai 26 ans, je n'ai jamais vécu ailleurs que chez mes parents, je n'ai jamais étudié, j'ai débuté mon premier emploi la semaine dernière à la déchèterie locale, fan de World Of Wardcraft, en surpoids, je suis, je suis....?????
Le fils des voisins, qui en pince pour moi.
J'ai déjà refusé une invitation à aller me baigner au lac du coin (invitation faite... par sa mère. Classe.), mais là, il m'a prise au dépourvu le plus total en me demandant (lui-même cette fois-ci!) si j'étais libre pour une "soirée" le 15 Août. Ben oui, je suis au chômage, et personne ne bosse le 15 Août. Il savait que je serai là. Et une soirée, j'ai pensée que je pourrais toujours ne pas y aller, OU n'y faire qu'une rapide apparition puis m'éclipser...
"Ok, alors on pensait à un bowling. Je reviendrai te dire."
Un bowling? "On"?
Et me voilà embarquée dans une soirée bowling la semaine prochaine, avec lui et ses quelques amis.
Il en est hors de question. Ce serait renoncer à tout mes principes anti-beaufs, ce serait comme revenir au temps du lycée, où je me suis battue tant bien que mal pour m'extraire de ces cliques, puis de cette ville.
J'ai entendu qu'un cas de grippe aviaire avait été détecté pas loin. Je vais aller faire un tour dans le coin et lécher chaque habitant du hameau si il le faut, mais je n'irai pas à cette *soirée*.
Croix de bois, croix de fer, si je ments, je vais en enfer.


... si je n'y étais pas déjà.

samedi 25 juillet 2009

I'll Be Back

Nous sommes le 25 Juillet.
Il me reste juste assez d'argent pour payer encore un mois de loyer ainsi que les charges. Mais rien d'autre. Pas même deux semaines de baguettes et de yaourts chez Lidl.
Impossible de survivre grâce au baby-sitting, 98% des clients de l'agence sont en ce moment même en colonie de vacances, à la plage ou chez leurs grands-parents.
Et il est clair que ce n'est pas en plein mois d'Août que je vais trouver un boulot.

La situation est grave.

Il me faut faire face à l'impensable : battre en retraite, retourner chez ma mère, dans notre bled de province. "Me refaire", si on veut. C'est à dire accepter des missions intérims ingrates tout en cherchant un nouveau boulot, ou une nouvelle opportunité d'esclavage, genre stage.
Et surtout, re-vivre avec ma mère.
Pour quelqu'un qui n a pas remis les pieds chez ses parents plus d'un mois à la suite depuis l'obtention de son BAC, ça va être dur.
Mais je n'ai pas le choix.
Et je dois organiser ce déménagement avant le 31, soit en à peine 6 jours. Je ne respecte pas les conditions de mon contrat de location, mais mon propriétaire ne m'en voudra pas, sachant pertinemment qu'à peine l'annonce de location postée sur le net, il aura trente candidats sur le palier, prêts à lui laisser leurs dossiers -et quelques pots de vins- pour obtenir un studio si bien placé. (jamais je ne retrouverais aussi bien à ce prix-là, grrrr, misère!)

En une journée, j'ai déjà commencé les cartons, et booké un mec avec un van qui viendra récupérer toutes mes affaires le 30 et les livrera chez ma mère le jour-même. Impossible de louer la voiture seule, je sais que je ne serai pas en état de conduire. Je prévois une humeur chialeuse pr ce départ - je ne suis pas médium, c'est juste qu'une grosse boule me serre déjà la gorge.

Je n'ai encore prévenu personne de mon départ. Demain. Ou lundi. Plus tard, quoi. De toute façon, la plupart sont ou seront en vacances. Pas de fête d'adieux (comme si j'avais le moral pour!), et de toute façon, pas d'adieux tout court - I'LL BE BACK. Il n'en est pas possible autrement.

J'ai appelé ma mère. Elle était contente, elle. On s'entend bien - quand on ne vit pas ensemble. "Je te ferai à manger. Et puis tu retrouveras tes chats!"
Ok. Ma vie va se résumer à m'empiffrer et jouer avec mes chats, pour combler ma solitude. Aucun de mes amis d'enfance ne vit plus dans *notre* ville (on se demande bien pourquoi!), ma vie sociale va être réduite à néant.

Je dois donc faire face à une seconde mission:impossible : trouver un taf à plein temps & rémunéré à Paris, y retrouver un appart, et ça dans un temps record - afin que le bled de province ne me détruise pas le cerveau.

Mission:impossible, j'ai dit. Que Tom Cruise (et tous ses amis Scientologues) soient avec moi.

mardi 21 juillet 2009

Amish-mash



Plus de 6 semaines sans travail.
Mon butin financier s'amenuise, même si je me restreint de tous les côtés. Je collectionne la nourriture premier prix, les points fidélités longuement épargnés en vue d'obtenir une machine à pain-radio réveil sont échangés contre des bons d'achats, destinés à... acheter des produits prix.
La vie est un éternel recommencement, paraît-il.

Mon esprit est aussi restreint que mon corps et mon porte-monnaie. Mes seuls folies autorisées sont l'achat du Cosmo mensuel, savouré en 1h30. Il faut faire durer le plaisir, quand on en a peu.
Plus de sorties (sauf des showcases gratuits, où quand j'arrive à me faire inviter à un concert). Je connais mes DVDs par coeur. Je n'ai même pas Canal+. Arthur et les énièmes rediffusions de Dr.Quinn me font perdre des neurones plus vite que mon cerveau ne le supporte.
Au courant de ma détresse intellectuelle, ma mère m'envoie un colis : trois livres, un DVD, et... un magazine de mots croisés. Elle aurait pu remplacer ce dernier par une plaquette de chocolat, mais manquerait qu'en plus d'être au chômage, je sois grosse!

L'un des livres est un docu-fiction situé dans une communauté Amis, aux USA. En plein dans le mille! Je nourris une fascination béate pour les Amish. Mon rêve secret est d'intégrer une communauté l'espace de quelques mois. De vivre selon des règles établies et inchangeables, permettant de savoir ce que je ferai demain, dans un mois ou dix ans. De tomber amoureuse d'un Caleb ou d'un Ezra, et de produire une floppée de petits Amish. Plus d'inquiétudes à propos des kilos en trop et des vergetures : pourquoi une Amish s'inquiéterait du retour du soleil, des vacances à la plage et de son exhibition en maillot de bain?

C'est décidé : je veux devenir Amish. C'est mon destin.
Un seul problème : d'agnostique, comment devient-on croyant?


(Plus d'infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Amish
Pour rire : http://www.youtube.com/watch?v=GsfVw9xxoNY )

lundi 20 juillet 2009

Joel Rebuchon

Ma vie est comme un soufflé.
Pétrie d'ingrédients simples mais essentiels, elle a su se développer normalement et atteindre une certaine hauteur. Mais, fragile, sans certitudes, elle menace de s'écrouler à chaque instant.
Afin d'en faire quelque chose de délicieux et d'appréciable, j'aurais juste besoin d'un ingrédient supplémentaire, dont j'ai été privée jusqu'à maintenant : un peu de chance.

dimanche 21 juin 2009

Hécatombes Estivales

Le printemps n'aura pas duré longtemps dans mon petit monde... Will n'est plus. De mon monde, s'entend. Dans le sien, il est toujours vivant - à mon grand désespoir. Stupide, je me suis débarrassée de ses photos avant de penser qu'il m'en faudrait au moins une pour que ma poupée vaudou soit efficace.
Tant pis, je vais devoir compter sur le bon vieux karma. Sans grands espoirs, car le karma n'a jamais été très réglo avec moi - vu ce qu'il m'arrive, je devais être Hitler dans une vie antérieure.

Pour ajouter à ce début d'été morose, mon stage au label a touché à sa fin. Sans porter ses fruits. J'attends toujours la liste de contacts/pistons que ComComBoy devait me filer fin Février.
Preuve de l'ingratitude extrême de mes collègues : un beau jour de Mai, j'arrive au bureau et voit un nouveau. Qu'on me présente illico : "Voilà, c'est Ivan, il va s'occuper de la presse."
La presse? La presse. Ce dont JE veux m'occuper. Le genre de poste que JE cherche. Depuis des mois. Et ils le savent très bien. Mais au lieu de me donner ma chance, on embauche cet Ivan. "Il était stagiaire comme toi pour nous, l'année dernière..."
"Ah, alors peut-être que dans un an il y a des chances que vous m'embauchiez?" Je ris jaune.
J'ai envie de pleurer. Ou de foutre le bureau à sac.
Du coup, je me sers amplement dans la réserve de CDs et vais tout revendre à Gibert. Je me fais 30€. Que je claque dans une fringue et une bouteille de champagne. "Chin chin, ma vie est naze, sabrons-la!"


...Jamais deux sans trois : le monde d'hôtesse en entreprise va bientôt me fermer ses portes. La fille que je remplaçais a du en avoir marre de passer ses journées avec un liliputien muet (=son nouveau-né) et a donc décidé de reprendre le boulot avant la fin de son congé maternité. Et la boite n'a pas d'autre boite où me placer. Et puis, j'étais en CDD, je le savais, que ça pouvait arriver. (Mais quelle mère décide d'abandonner son enfant plus tôt que prévu, hein? Dommage que je ne puisse la rencontrer pour la culpabiliser un peu. A moins que, si je laisse des messages sur l'ordi... bref).
Je suis donc au chômage, de retour aux assédics avec un CV peu reluisant en cette périodes de crises économiques.
"La communication vous dites? Attachée de presse? Oh ça ça passe par nous, ça reste dans le secteur,c 'est du bouche-à-oreilles."
Je le sais bien, conseillère, mais si je ne viens pas à ce rendez-vous, mes pauvres allocations vont sauter. Je ne vais prétendre chercher dans le secteur sociale juste pour vous rendre les choses faciles. Prenez-moi comme un challenge, quoi!
"Vous acceptez l'intérim, même en dehors du secteur d'activité désiré?"
Ai-je le choix? Je n'ai même pas besoin d'imaginer la tête de ma banquière pour connaître la réponse. Et puis, mon taf d'hôtesse, elle croit que c'était par plaisir, fanchement? Ou parce que j'avais besoin d'occuper mon temps libre?


J'ai 25 ans passés.
Plus de mec. Plus de taf. Pas de perspective d'avenir. Et c'est l'été.
Mes angoisses m'ont coupé l'appétit, j'ai perdu 6 kilos.
Si j'avais la chance de partir en vacances, ce serait un vrai cadeau du ciel : je pourrais entrer dans un bikini et m'afficher sur la plage.
Pas de chance. Je dois survivre sur mes économies, et si celles-ci disparaissent avant que je trouve un autre poste, un retour aux sources (c'est à dire : chez ma mère, loin de la capitale) sera obligatoire.

J'ai 25 ans passés, c'est l'été, je ne fais que pleurer.

mercredi 20 mai 2009

L'Eveil Du Printemps


Je dois faire face a mes digressions quelques peu hormonales des dernières semaines (faire de ce blog un sous- "Journal de Bridget Jones" n'est pas dans mes plans).
Mettons cela sur le compte du printemps.

Dans les films, le printemps est toujours signe de renouveau, de bonheur et d'allégresse... Il est aussi prouvé que le moral des gens est meilleur a cette saison qu'en hiver.
Permettez-moi de douter. Ou de mettre mon cas en lumière.

J'aime porter moins de couches vestimentaires, j'aime me balader dehors sans risquer les engelures... Mais je déteste aussi le printemps, tout simplement parce que je n'en profites pas vraiment.
Je ne suis pas aigrie - je suis juste seule.

En hiver, les conditions météorologiques donnent une bonne excuse aux solitaires pour rester sous la couette, regarder des DVDs, lire, ou faire autre chose - entre 4 murs. Tandis que quand le soleil brille, je me sens limite coupable de ne pas être dehors a en profiter avec des ami(e)s.
Je parie que je ne suis pas la seule dans ce cas, à se détester de jouer malgré moi à la recluse alors que j'ai tout autant le droit que les autres d'apprécier un jour clément.
Et se détester engrange rarement joie de vivre et allégresse - mais plutôt un abonnement à une humeur dite "emo" (les plus jeunes me comprendront).

Cette année pourtant, j'ai Will à mes côtés - Will avec qui me promener, avec qui bronzer dans un parc, ce genre de truc. Que je pourrais faire toute seule, celà dit.

J'en viens à me demander si je ne suis pas en train de me rendre compte que seule ou pas, je suis juste emo. Et croyez moi, je trouve ça plus dûr à accepter qu'une possible homosexualité ou que le divorce de parents.

jeudi 14 mai 2009

Glamour Toujours....

Depuis le coup des donuts, Boss me kiffe.
Je suis donc conviée à les rejoindre, lui et ComComBoy, au concert évènement d'un de nos groupes.

Je les retrouve vers la console de son avant la première partie. Grand seigneur, Boss m'offre une pinte, que je bois un peu trop rapidement, certainement dans l'idée de lui faire plaisir.
"Tu en veux une autre?" demande-t-il en voyant mon verre vide.
"Ben euh... Oui bien sûr!"
Je me dis qu'il est quand même vachement cool, de me payer des coups à boire, parce que c'est pas donné dans cette salle trendy de la capitale. A moins que... il veut me souler dans le but de profiter de mon petit corps? Que dalle : je m'aperçois que son pass AAA lui donne accès au bar VIP - gratuitement. Il n'en a rien à faire, de mon corps. Autant pour ma fierté!

Le premier groupe joue, pas déplaisant mais pas révolutionnaire non plus. Etant sur un label associé, je les applaudis, bouge un peu... histoire de ne pas passer pour une ingrate, que Boss me ré-invite aux prochains concerts.
Comme si il observait chacun de mes mouvements... Il faudrait que j'arrête de me persuader que je vis dans un Truman Show constant et que le moindre de mes faux-pas est perçu par le monde entier.

Le premier groupe balance enfin leurs micros à terre, leur set est terminé. Ouf! Je peux sprinter en direction des toilettes - les deux pintes ont fait leur effet. De plus, je me sens un peu gaie - je sais encore comment je m'appelle, mais j'ai un peu de mal à me retrouver dans le labyrinthe des couloirs backstages, et je rate une marche pile en entrant dans les toilettes.
Alors que je me lave les mains, le préposé aux toilettes (ce concept très Britannique fraichement importé en France, ou une Dame pipi vous offre parfums, chocolats et chewing-gums, ou capotes... en attente d'un pourboire) me demande :
"Ca va, Mademoiselle?"
"Euh, bah, oui..."
"Vous êtes sure?"
"Oui oui!"

Et je sors, ratant une nouvelle fois cette satanée marche.

J'aperçois ComComBoy et Boss et vais leur glisser un mot, les prévenant aussi que je vais m'approcher plus près de la scène pour "notre" groupe, car je tiens à bien les voir - si c'est pas du dévouement au travail, ça. On convient d'essayer de se retrouver une fois le concert terminé.
Je slalome entre les badeaux pour atteindre le second rang, et une fois bien placée, plonge ma main dans mon sac pour y atteindre mon apn.
Et c'est là que je me rends compte que les deux boutons du haut de ma chemise sont ouverts. Offrant une vue imprenable sur mon SOUTIEN GORGE* pigeonnant, et mes SEINS* d'une pâleur "Bronzage Arctique".

Oh. Mon. Dieu. Pas étonnant que le préposé des WC m'ait demandé si j'allais bien, il a très certainelment cru que j'avais été droguée et violée, ou un truc classe dans le genre. Mais, surtout : ComComBoy et Boss ont très certainement vu mes seins!!!!!! Quels boulets ces mecs, pas un pour me le signaler et limiter les dégats! Soudainement, mon cerveau gèle de terreur : et si ils ont cru que c'était délibéré? OH. MON. DIEU.
Que faire en retournant au taf le lendemain? En rire? Ne pas faire référence à l'incident? Continuer comme si de rien n'était? Dois-je envisager de reproduire cet écart de mode involontaire, afin de leur faire croire que c'était délibéré mais sans intentions aucunes?
Et quand est-ce que ces maudits boutons se sont défaits, d'abord!!!???
C'est le crash parmi mes neurones, et des hypothèses encore plus farfelues se creusent un chemin dans mon esprit.
Heureusement, le groupe tête d'affiche entre en scène et joue si fort qu'il m'empêchent de penser...


Une autre sortie "biz", une autre humiliation... Si ce milieu est vraiment comme le Truman Show, ais-je vraiment raison de m'entêter à vouloir percer dans le milieu?!



http://www.jemontremesseins.com

*Oui, je suis choquée au point d'utiliser des capitales.

vendredi 8 mai 2009

I'm A Super Hero



J'ai pris conscience de mon super-pouvoir hier soir.

Comme dans un bon comic, il faisait sombre... Non, je n'étais pas dans une ruelle inquiétante, mais dans un pub aux lumières ultra-tamisée, à l'occasion de l'after-show d'un des groupes du label.

Rose et Fanny, mes deux copines du biz, étaient de la partie. Je bavardais (enfin, nous nous époumonions afin de couvrir le son de la musique crachée par les hauts-parleurs) avec elles, debouts autour d'une espèce de table.
Et soudain, Jamie arrive. Jamie, bassiste de son état, que nous venions de voir en live, et pour qui l'after show était organisé (lui et son groupe, s'entend). Je savais qui était Jamie de vue bien avant que notre label prenne le groupe en main, mais je ne m'étais jamais intéressée à lui. Imaginez ma surprise quand, lors de notre première rencontre, il me mis dans tout mes états... Son super-pouvoir à lui, c'est de me faire perdre la moindre bribe d'Anglais rien qu'en m'approchant. Quelle cruche j'ai du faire...
Heureusement, Rose et Fanny le connaissent un peu mieux et ne se liquéfient pas à sa seule vision, elles. J'éspère donc que leur présence me donnera une deuxième chance.

Après 1heure d'attente (et de vodka-Red Bull), il apparait donc enfin. Et mets 33 minutes pour arriver à notre hauteur, stoppé à chaque pas par des gens le félicitant ou lui offrant à boire.

Il dit bonjour aux filles. Embrasse Rose. Enlace Fanny.
Et me tourne le dos.

C'est à ce moment-là que j'ai découvert mon super-pouvoir : l'invisibilité.

mercredi 22 avril 2009

Un Train De Retard...

Aujourd'hui, un grand pas pour Pippa, pas grand chose pour l'Humanité : J'ai osé aborder quelqu'un. Qui me plait, en plus. Mazette! me direz-vous. En effet...

Je dois vous avouer que je ne tiens pas à ce que ce blog vire en Bridget Jones du pauvre, mais l'épisode HIB (voir post précédent) vendredi dernier m'a donné des ailes, alors je me suis lancée.

Le damoiseau en question a un tatouage sur le bras gauche, des lunettes noires à montures épaisses, des yeux bleus et occupe le poste très glamour au guichet de la gare locale (*tchi-tcha*). Et bien que je sois parfaitement capable d'y utiliser les machines, celà va faire 6 mois que je poireaute au guichet juste afin qu'il me serve.
Pathétique? Wais, booon.
En tout cas, il me plait.
Et l'idée d'enfin répondre honnêtement à son habituel "Que puis-je faire d'autre pour vous aujourd'hui?" me démange depuis le weekend dernier.

Lundi : pleine de courage -et de makeup-, je fonce à la gare une fois sortie du boulot, en espérant qu'il soit encore en service. Et là, c'est le drame : la station est en travaux, il n'y a PLUS le moindre guichet. Je ne sais pas où les employés ont disparu... Dépitée, et me demandant combien de temps cette situation va durer, je rentre chez moi.
Mardi : j'y retourne, et là, tout mes paramètres ont changé : une pauvre planche sur deux traiteaux fait office de guichet. Et ceux qui servent les clients sont les habituels contrôleurs, à l'aide de leur machine-à-amendes portables qui délivrent des tickets. Les guichetiers ont été transférés aux portiques d'entrées donnant accès aux quais.
Damn! Il me faut une nouvelle technique....
Mercredi : Je n'ai toujours pas trouvé de plan. Alors je décide de simplement y aller free-style. En sortant du boulot, je passe chez moi rapidement et me change et me maquille en une vitesse éclair, afin de ne pas me laisser le temps de cogiter. Je me lance, un point c'est tout. Et ma nouvelle robe printanière pouffe me donne un sérieux atout. Je sors, il fait encore bon, le soleil est chaud sur ma peau... Rien que le chemin jusqu'à la gare est un réel plaisir.
J'entre dans la station et me dirige vers à la table où un contrôleur me donne mon billet pr demain. Je repère ma cible, encore près des portiques d'entrée au quais. Une de ses collègues lui tient la patte. Mer*e, comment la virer, celle-là?
Dieu merci, la cliente devant moi est lente, et quand c'est à mon tour d'être servie, la collègue de Willy (appellons-le Willy, parce qu'il faut bien l'appeller) assiste un client.
Tout sourire, le pas décidé et franc, je marche en sa direction. Tadaaaaaaaa.
"Salut!
-Salut."

(Oui ben hein, il faut bien une intro, hein)
-Errrr (Bien sûr que j'ai bafouillé, attendez, je suis pas une glamourpussy de naissance, hein), ça fait un certain temps que je viens à ton guichet alors que je sais utiliser les machines, mais maintenant qu'il n'y a plus de guichet... Ca te dirait de prendre un verre avec moi?"
25 ANS. IL M'A FALLU 25 ANS POUR PRODUIRE UNE APPROCHE AUSSI BASIQUE.
Pippa toucherait-elle à son but?
Et là... grand sourire sur son visage : "J"adorerais ça".
A ce moment, les feux d'artifices ont éclaté, les colombes se sont envolées, la 7è symphonie de Mozart a rugit dans les hauts-parleurs... ou pas.

Echange de numéro de portable (enfin, il prend le mien car dans la précipitation de la préparation, j'avais oublié le mien). Il n'a plus qu'à apeller. Et je n'ai plus qu'à le morfondre en apellant son appel...


As if.

samedi 18 avril 2009

Cameron Diaz

Cameron et moi, on se ressemble beaucoup - physique de blonde Californienne mis à part.
A part ça, nous partageons l'abilité de faire rire les hommes - sans trop le faire exprès, et à nos propre dépends la plupart du temps.

Hier encore, au label...
Que je vous mettes en situation, d'abord : un label est un territoire majoritairement masculin, quoi qu'on en dise. J'ai 7 collègues : Grincheux... Boss, EmoBoy, CokeHead, NonMerciJeSuisAllergique (NMJSA), ComComBoy, et surtout, surtout, le meilleur pour la fin, roulement de tambour (niveau suspense, je suis forte, hein?)...
HotIndieBoy.
HotIndieBoy (HIB) est, comme son nom l'indique, Hot. Dans le genre "mon slim me va à ravir et ma mèche peut concourir pour une pub L'Oréal "Parce que je le vaux bien"". Et charmant avec ça. Le mec beau, drôle et populaire toujours avec le bon mot, que tout le monde aimerait avoir comme meilleur pote.
Il le sait. Et il en joue, de son charme, mais en étant jamais branleur.
L'homme parfait, quoi. (Si, si, l'homme parfait, je vous dit).
Comme vous pouvez l'imaginez, il m'impressionne assez et je n'ai jamais été foutue d'oser communiquer des masses avec lui....

Revenons au début :
Hier donc, Boss, Grincheux et HIB avaient un petit meeting avec un client étranger. Je fus donc chargée de foncer acheter des mets délicats afin d'épater leur invité. Et qu'est ce que Boss me demande? Des donuts. Classe, Boss, la grande classe.
Alors que je leur servais (bah oui, c'est pas tout le temps glam de bosser dans un label, surtout quand on est une stagiaire), le client s'exclame : "Oh! You have donuts in France?"
"Yeah, and we do have electricity, telephone...
" répondis-je avec un grand sourire.
A ma grande surprise, Boss, Grincheux et HIB éclatent de rire et répétent "We do have electricity!" comme si c'était une bonne blague qu'on ne se lasse pas d'entendre. HIB est tout sourire, je plane à 10 000. Faire rire un homme, c'est gagné - y'a pas un proverbe qui dit ça?
Pippa : 100 points!

20 secondes à peine plus tard, alors que je m'apprête à sortir de la salle de réunion, Boss m'interpelle "Tu peux nous faire un café aussi, stoplé?"
Alors je me retourne, prête à passer commande... et me cogne la tête contre le bord de la porte-fenêtre coulissante.
Pippa : -100points.

(Si c'était Cameron Diaz dans sa nouvelle comédie, vous seriez morts de rire, je le sais. Là forcément... Faut faire appel à votre imagination. Un petit effort!!!)

Je ne sais pas si du point de vue de HIB, mon coup de boule involontaire était flagrant, alors j'ai continué comme si de rien n'était, prenant les commandes "sucre/sans sucre" avec un grand sourire.


ET CA A PAYE.
Plus tard, alors que je triais les commandes du label (=moi derrière une pile de classeurs), je sens qu'on me tapote le dos. C'était HIB qui, avec son sourire carnassier, me demande : "Tu peux trouver un hôtel, s'il te plait?"
Un hôtel + HIB? Une équation qui fit démarrer mon imagination au quart de tour. Rrrrrrr.
Mais en fait... c'était pour lui et CokeHead, lors d'un festival à PétaOuChnock. En même temps, si une remarque drôle était suffisante pour mener directement au weekend à l'hôtel, ça se saurait, non?

http://www.youtube.com/watch?v=rfS4XVYYazw&feature=related

jeudi 26 mars 2009

Girls Don't Cry


Je pourrais être une pleureuse professionnelle.
Une grande carrière m’attend dans les pays du Moyen-Orient, j’en suis sûre.

Quoique, quand je me sens mal au point de pleurer, il me faut me recroqueviller en position foetale (quel cliché!) sur mon lit, plutôt que marcher en agitant un mouchoir autour d’un cercueil.

Pleurer est toujours une activité taboue dans notre société occidentale, je vous promets. La preuve : j’ai un peu honte d’avouer que je le fais – bien malgré moi, s’entend. La pression est tellement énorme quelque fois, que je ne peux m’empêcher, quand les larmes me montent aux yeux, de céder aux pleurs. Dans ces moments-là, rien ne m’atteint. C’est comme si j’avais constamment des centaines de bombes rien que dans ma tête, prêtes à exploser. L’une représente l’argent, c’est celle qui explose le plus facilement. Celle représentant l’avenir vient juste après. La vie en général n’est pas mal placée non plus. Et le truc, c’est que lorsque l’une est enclenchée, les autres suivent. Comme un bouquet de pétards. Et je me retrouve à passer des heures à transpirer abondamment des yeux.

Le reste de mon corps n’est pas inactif : chaque muscle, chaque organe, chaque os me fait souffrir au point que je ne peux le supporter. C’est comme si mon corps actuel était une chrysalide s’apprétant à muer. Mais le hic, c’est que je n’arrive pas à virer mon autre peau. Je suis enfermée dans cette carcasse, et j’étouffe.

mardi 3 mars 2009

J’ai un Esprit Tordu.


Je suis allée passer quelques jours chez ma mère, en Province, croyant qu’une bouffée d’air frais me ferait du bien au moral. Mais les aérations devaient toutes êtres bouchées, car ma sensation d’étouffement est vite revenue.
Assise sur le canapé en face de la télé diffusant une émission moribonde, j'ai tenté une conversation avec ma mère. Le genre, the big discussion, quoi. Tout ce que j’ai récolté fut de vexer ma génitrice : « Mais je ne pouvais pas faire mieux avec tes études.
-Ok, ok, ça va. J’ai compris. C’est un peu de ma faute.
-Quel esprit tordu tu as ! Je n’ai jamais dit ça ! »
Mais plus tard, lorsque je propose de lui rendre service, elle me répondit « Non, ça va, j’en aie pas besoin, je peux le faire seule, après tout…
-Oh allez, c’est bon ! Ca aussi ça va être de ma faute ?!
-Quelle intuition tu as ! »
Le sarcasme se transmet chez nous de mère en fille, apparement.
J’ai foncé dans ma chambre et me suis effondrée sur mon lit. Et j’ai pleuré. Le constat que même ma mère, surtout ma mère, ne comprenne rien à la façon dont je me sentes, me mets plus basse que terre. J’ai pleuré. Fort. Sans trop faire exprès. En espérant qu’elle vienne me voir et qu’une fois de plus, j’essaye de lui expliquer.
Mais à la place de ça, elle a juste monté le son de la télé afin de couvrir mes pleurs.
Qui n’ont fait que redoubler.

Ma relation avec ma mère est comme l'un de ces films au sujet de familles dysfonctionelles : c'est tellement triste et pathétique que d'un point de vue extérieur, ç'en est drôle.
Croyez-moi, ça ne l'est pas. Je le sais, je le vis de l'intérieur.

lundi 2 mars 2009

Je veux être une rock star


Je suis une fille éduquée, et intelligente. Si, si. Seulement, je n’ai pas du faire les bonnes études. Au lycée, pleine d’optimisme, j’avais mon avenir tout tracé entre les mains : commencer par la fac, puis sortir diplômée d'une école privée de commerce pour donner un aspect concret à mes projets, et trouver un travail. A 25 ans, je devrais avoir un boulot passionnant, vivre dans une ville fascinante et ce, avec mon mec, bien sûr.
Résultat ? 1/3. La ville - je vis à Paris. Un point pour Filippa, applaudissements !!!!

Mon optimiste lycéen à vite flanché : la fac, suite de cours intéressants mais trop théoriques, ne nous a préparé à rien. Une masturbation mentale qui aura duré trois ans. Mon école privée ? Passionnante…. Mais le service après-vente n’a pas offert les opportunités espérées.
Je n’ai donc jamais, à ce jour, trouvé le boulot de mes rêves.
J’ai toujours voulu travailler dans un milieu créatif et intéressant, et les gens aiment à me répéter que je n’ai pas choisi la voie la plus facile. C’est vrai. Mais je n’allais pas devenir nourrice ou dentiste juste afin de m’assurer une vie tranquille. Je ne veux pas d’une vie tranquille et monotone. Je veux être une rock-star.

Mon public de fans devra cependant attendre, car pour le moment, je suis stagiaire. Depuis maintenant deux ans. Les stages outranciers ont encore de beaux jours devant eux, malgré les quelques lois passées afin de protéger les « jeunes désirant entrer dans la vie active ». Je ne peux cependant pas reprocher à mes patrons de m’exploiter : on me donne une allocation minimale, reconnue par la loi. Avec un mon loyer coutant plus du double de cette gracieuse allocation, je ne suis donc pas exploitée. Histoire de ne pas causer de crise cardiaque à ma banquière, j’ai deux petits boulots. De 9 heures à midi, je suis hôtesse d’accueil – un cache-misère pour « réceptionniste ». Je réponds aux appels de clients toujours pressés, et je donne des badges aux visiteurs de l’entreprise. Heureusement, ce job me permet de bouquiner pas mal. J’aime aussi imaginer la tête des gens que j’ai au bout du fil, selon leur voix. Je dessine. Je rêve. Je m’occupe.

A midi tapantes, je délaisse mon poste à une thésarde (malheureusement, bon nombre d’entreprises peuvent se vanter d’avoir du petit personnel ayant minimum BAC + 5). Je me change, revêt enfin des habits dans lesquels je me sens bien, dans lesquels je me sens moi. Et je file au label où je suis stagiaire.

Mon deuxième boulot, c’est baby-sitter. Je passe la plupart de mes soirées libre à courir dans Paris pour être à l’heure chez des parfais inconnus qui me laisseront la garde de leurs enfants et de leur appartement. Garder des enfants est quelque chose de facile (être payée pour regarder un DVD pendant que Léo dort, c’est plutôt cool), bien rémunéré, et surtout, non imposable. Mais je trouve cela assez humiliant d’ être obligée d’avoir recours à ça pour survivre : baby-sitter est un job de gamines de 14 ans qui n’ont pas d’autres moyen pour se payer leur sortie hebdomadaire au cinéma et un tube de gloss!

mercredi 25 février 2009

Je ne m'apelle pas Dolorès.

Mais Filippa. Filippa tout entier, et pas Fifi – je ne suis pas l’un de vos animaux de compagnie.

Un jour, alors que j’échangeais certains points de vues avec un copain, j’ai du me dévoiler sous un profil assez sombre, car après m’avoir regardé longuement, il déclara : « Tu devrais t’appeler Dolorès, ça collerait mieux avec tes sentiments. »

( www.tous-les-prenoms.com/prenoms/filles/dolores.html )

Je suis une fille.

Du moins, j’aime à le croire – le manque d’une quelconque vie sentimentale dans ma vie me fait parfois douter de ma féminité.

Le manque d’un peu tout dans ma vie me fait souvent douter tout court, à vrai dire.