dimanche 28 février 2010

Joyeux Anniversaire!


Je suis officiellement vieille : j'ai atteint la période charnière des 26 ans. Adieux réductions et carte jeunes, bonjour plein tarifs...

Comme si passer à l'âge adulte n'était déjà pas assez cher payé, j'ai du faire acte de présence lors d'un repas familial comprenant ma grand-mère, mes deux tantes, mon oncle, et bien sûr ma mère.

C'était en mon honneur, après tout. Je devais faire bonne figure.

Test numéro 1 : service de la viande.
Je suis végétarienne - mais je souris.
Test numéro 2 : le chien obèse de ma grand-mère vient se coller à moi, bavant sur mes chaussures en cuir - mais je continue à sourire.
Test numéro 3 : le gâteau plein de crème étouffante, du genre que j'ai toujours détesté. Mais je souris toujours.
Test final : les cadeaux. 200€ en tout, pas mal - je souris sincèrement.

Et c'est ce moment que choisis ma mère pour m'offrir ses cadeaux : une gaine noire.
"Le noir, c'est sexy" ajoute-t-elle. On ne peut pas en dire autant de la gaine. Bridget Jones anyone?
Je sais que depuis mon chômage, j'ai pris quelques kilos liés à ma sédentarité, mais tout de même...
J'essaye de garder le sourire.
Mais une fois de plus, ma mère m'aura battu sur le terrain psychologique. Son deuxième cadeau est un coup de grâce : une machine de type Sporéléc, comme on en vend tous les matins dans tous les télé-achats du monde entier, censé tonifier le gras du corps par des décharges électriques.

Ca marche vraiment, ça?
Parce que là tout de suite, j'ai envie d'aller m'étouffer de bugnes pour oublier l'humiliation de ma mère qui aurait pu me faire passer le message "Je te trouve grosse" de façon plus agréable - ou au moins en privé.

vendredi 12 février 2010

Adulescence ratée

Tout a commencé avec Nina.
Nina, une vieille copine de lycée à peine plus âgée que moi.
Mariée depuis un an, je voyais le couple qu'elle formait avec Rémy comme modèle : jeune, complice mais indépendant, toujours prêt pour l'aventure, revenus des quatres coins du monde.
La mariage ne m'avait pas étonné. Mais l'annonce de sa grossesse m'a carrément foutu un coup.
Mariés, ils restaient toutefois accessibles. Un enfant rendait la situation toutefois beaucoup trop... adulte.
Surtout lorsque l'annonce me parvient alors que je vis toujours dans ma chambre d'adolescente, chez ma mère.

Je suis toujours au chômage, une situation inextricable dont je n'arrive pas à m'extirper. Annonces, candidatures spontanées, recrutement en ligne... rien ne m'a échappé. A part les jobs, bien entendu.
Je vis toujours chez ma mère.
Je parle peu à des personnes de mon âge.
Je ne sors, pour ainsi dire, jamais - les distractions sont beaucoup moins nombreuses qu'à Paris.

Et Nina est tombée enceinte il y a quelques mois. Je suis ravie pour elle, parce qu'elle et Rémy sont heureux. Je m'inquiète à cause de sa frêle stature et me souvient du temps où elle portait encore des Converses bleues, comme le mec de Sonic Youth. Je m'inquiète pour moi, car plus le temps passe, plus mes chances d'avoir une vie "normale" s'amenuisent.

Je ne rêve pas de mariage et d'enfant, juste un travail qui me plait, une ville intéressante, auprès de mes amis. Avancer. Me construire. Avoir un chien!
Mais à la place, je stagne dans la médiocrité.
Alors j'envoie encore des CVs, comme autant de bouteilles à la mer.
Dont les réponses négatives me feront sentir encore plus mal - même si on peut blâmer la crise économique actuelle pour faire passer la pilule plus facilement.

Alors je suis heureuse pour Nina et Rémy, même si leur bonheur me fait penser qu'en 10 ans, ils ont autant avancé que moi j'ai pédalé dans le vide.

Je suis heureuse pour Nina et Rémy, et j'ignore mon manque de vie afin de ne pas devenir aigrie.