jeudi 26 mars 2009

Girls Don't Cry


Je pourrais être une pleureuse professionnelle.
Une grande carrière m’attend dans les pays du Moyen-Orient, j’en suis sûre.

Quoique, quand je me sens mal au point de pleurer, il me faut me recroqueviller en position foetale (quel cliché!) sur mon lit, plutôt que marcher en agitant un mouchoir autour d’un cercueil.

Pleurer est toujours une activité taboue dans notre société occidentale, je vous promets. La preuve : j’ai un peu honte d’avouer que je le fais – bien malgré moi, s’entend. La pression est tellement énorme quelque fois, que je ne peux m’empêcher, quand les larmes me montent aux yeux, de céder aux pleurs. Dans ces moments-là, rien ne m’atteint. C’est comme si j’avais constamment des centaines de bombes rien que dans ma tête, prêtes à exploser. L’une représente l’argent, c’est celle qui explose le plus facilement. Celle représentant l’avenir vient juste après. La vie en général n’est pas mal placée non plus. Et le truc, c’est que lorsque l’une est enclenchée, les autres suivent. Comme un bouquet de pétards. Et je me retrouve à passer des heures à transpirer abondamment des yeux.

Le reste de mon corps n’est pas inactif : chaque muscle, chaque organe, chaque os me fait souffrir au point que je ne peux le supporter. C’est comme si mon corps actuel était une chrysalide s’apprétant à muer. Mais le hic, c’est que je n’arrive pas à virer mon autre peau. Je suis enfermée dans cette carcasse, et j’étouffe.

mardi 3 mars 2009

J’ai un Esprit Tordu.


Je suis allée passer quelques jours chez ma mère, en Province, croyant qu’une bouffée d’air frais me ferait du bien au moral. Mais les aérations devaient toutes êtres bouchées, car ma sensation d’étouffement est vite revenue.
Assise sur le canapé en face de la télé diffusant une émission moribonde, j'ai tenté une conversation avec ma mère. Le genre, the big discussion, quoi. Tout ce que j’ai récolté fut de vexer ma génitrice : « Mais je ne pouvais pas faire mieux avec tes études.
-Ok, ok, ça va. J’ai compris. C’est un peu de ma faute.
-Quel esprit tordu tu as ! Je n’ai jamais dit ça ! »
Mais plus tard, lorsque je propose de lui rendre service, elle me répondit « Non, ça va, j’en aie pas besoin, je peux le faire seule, après tout…
-Oh allez, c’est bon ! Ca aussi ça va être de ma faute ?!
-Quelle intuition tu as ! »
Le sarcasme se transmet chez nous de mère en fille, apparement.
J’ai foncé dans ma chambre et me suis effondrée sur mon lit. Et j’ai pleuré. Le constat que même ma mère, surtout ma mère, ne comprenne rien à la façon dont je me sentes, me mets plus basse que terre. J’ai pleuré. Fort. Sans trop faire exprès. En espérant qu’elle vienne me voir et qu’une fois de plus, j’essaye de lui expliquer.
Mais à la place de ça, elle a juste monté le son de la télé afin de couvrir mes pleurs.
Qui n’ont fait que redoubler.

Ma relation avec ma mère est comme l'un de ces films au sujet de familles dysfonctionelles : c'est tellement triste et pathétique que d'un point de vue extérieur, ç'en est drôle.
Croyez-moi, ça ne l'est pas. Je le sais, je le vis de l'intérieur.

lundi 2 mars 2009

Je veux être une rock star


Je suis une fille éduquée, et intelligente. Si, si. Seulement, je n’ai pas du faire les bonnes études. Au lycée, pleine d’optimisme, j’avais mon avenir tout tracé entre les mains : commencer par la fac, puis sortir diplômée d'une école privée de commerce pour donner un aspect concret à mes projets, et trouver un travail. A 25 ans, je devrais avoir un boulot passionnant, vivre dans une ville fascinante et ce, avec mon mec, bien sûr.
Résultat ? 1/3. La ville - je vis à Paris. Un point pour Filippa, applaudissements !!!!

Mon optimiste lycéen à vite flanché : la fac, suite de cours intéressants mais trop théoriques, ne nous a préparé à rien. Une masturbation mentale qui aura duré trois ans. Mon école privée ? Passionnante…. Mais le service après-vente n’a pas offert les opportunités espérées.
Je n’ai donc jamais, à ce jour, trouvé le boulot de mes rêves.
J’ai toujours voulu travailler dans un milieu créatif et intéressant, et les gens aiment à me répéter que je n’ai pas choisi la voie la plus facile. C’est vrai. Mais je n’allais pas devenir nourrice ou dentiste juste afin de m’assurer une vie tranquille. Je ne veux pas d’une vie tranquille et monotone. Je veux être une rock-star.

Mon public de fans devra cependant attendre, car pour le moment, je suis stagiaire. Depuis maintenant deux ans. Les stages outranciers ont encore de beaux jours devant eux, malgré les quelques lois passées afin de protéger les « jeunes désirant entrer dans la vie active ». Je ne peux cependant pas reprocher à mes patrons de m’exploiter : on me donne une allocation minimale, reconnue par la loi. Avec un mon loyer coutant plus du double de cette gracieuse allocation, je ne suis donc pas exploitée. Histoire de ne pas causer de crise cardiaque à ma banquière, j’ai deux petits boulots. De 9 heures à midi, je suis hôtesse d’accueil – un cache-misère pour « réceptionniste ». Je réponds aux appels de clients toujours pressés, et je donne des badges aux visiteurs de l’entreprise. Heureusement, ce job me permet de bouquiner pas mal. J’aime aussi imaginer la tête des gens que j’ai au bout du fil, selon leur voix. Je dessine. Je rêve. Je m’occupe.

A midi tapantes, je délaisse mon poste à une thésarde (malheureusement, bon nombre d’entreprises peuvent se vanter d’avoir du petit personnel ayant minimum BAC + 5). Je me change, revêt enfin des habits dans lesquels je me sens bien, dans lesquels je me sens moi. Et je file au label où je suis stagiaire.

Mon deuxième boulot, c’est baby-sitter. Je passe la plupart de mes soirées libre à courir dans Paris pour être à l’heure chez des parfais inconnus qui me laisseront la garde de leurs enfants et de leur appartement. Garder des enfants est quelque chose de facile (être payée pour regarder un DVD pendant que Léo dort, c’est plutôt cool), bien rémunéré, et surtout, non imposable. Mais je trouve cela assez humiliant d’ être obligée d’avoir recours à ça pour survivre : baby-sitter est un job de gamines de 14 ans qui n’ont pas d’autres moyen pour se payer leur sortie hebdomadaire au cinéma et un tube de gloss!