
Je pourrais être une pleureuse professionnelle.
Une grande carrière m’attend dans les pays du Moyen-Orient, j’en suis sûre.
Quoique, quand je me sens mal au point de pleurer, il me faut me recroqueviller en position foetale (quel cliché!) sur mon lit, plutôt que marcher en agitant un mouchoir autour d’un cercueil.
Pleurer est toujours une activité taboue dans notre société occidentale, je vous promets. La preuve : j’ai un peu honte d’avouer que je le fais – bien malgré moi, s’entend. La pression est tellement énorme quelque fois, que je ne peux m’empêcher, quand les larmes me montent aux yeux, de céder aux pleurs. Dans ces moments-là, rien ne m’atteint. C’est comme si j’avais constamment des centaines de bombes rien que dans ma tête, prêtes à exploser. L’une représente l’argent, c’est celle qui explose le plus facilement. Celle représentant l’avenir vient juste après. La vie en général n’est pas mal placée non plus. Et le truc, c’est que lorsque l’une est enclenchée, les autres suivent. Comme un bouquet de pétards. Et je me retrouve à passer des heures à transpirer abondamment des yeux.
Le reste de mon corps n’est pas inactif : chaque muscle, chaque organe, chaque os me fait souffrir au point que je ne peux le supporter. C’est comme si mon corps actuel était une chrysalide s’apprétant à muer. Mais le hic, c’est que je n’arrive pas à virer mon autre peau. Je suis enfermée dans cette carcasse, et j’étouffe.

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