dimanche 19 juillet 2015

Page Blanche

J'essaye d'écrire, mais ces derniers temps, je n'y arrive juste plus.
Je m"efforce de trouver l'inspiration dans tout ce que je vois, tout ce que je fais - mais c'est bien connu : quand on cherche, on ne trouve pas.
Je griffonne une phrase, puis deux, avant de tout raturer rageusement, insatisfaite... et de tout recommencer. 

Alors je blâme la météo : il fait trop chaud, c'est la canicule, je ne peux pas écrire. comme si l'été et sa chaleur bouchaient les neurones responsables de ma créativité.
Alors je me force à écrire en respectant un emploi du temps. mais tous les mercredi soirs, quand je rentre du boulot, je n'ai pas l'envie ni la force de m'y mettre.

La page blanche prend du terrain petit à petit.

lundi 18 mai 2015

Ironie du Coup de Foudre


Je voulais initialement poster ce billet le jour de la Saint Valentin, mais j'en ai été incapable. Quelques mois ont passés, je peux me remettre dedans  - pas assez toutefois pour me relire plusieurs fois et effectuer un proofreading correct. Pardonnez donc les fautes de grammaire et d'orthographe. Merci de votre compréhension, et bonne lecture.




Quand on approche de mon âge (plus ou moins la trentaine), les gens ont la fâcheuse tendance à s'intéresser beaucoup plus à ma vie amoureuse qu'à la faim dans le monde. Mon célibat provoque parfois de l'incompréhension, souvent de la pitié mal placée. En conclusion, j'ai toujours droit à "Bah, t'inquiètes, tu vas bien finir par le trouver, l'homme de ta vie."

Mais : 1) je ne m'inquiète pas, ce sont les gens qui sont génés par mon absence de mec; et 2) je l'ai déjà trouvé, l'homme de ma vie.


Je n'ai jamais parlé de Victor à qui que ce soit. Pas de cette façon-là. Ni de cette facette-là de notre histoire.

C'est Louis qui nous a présenté, par inadvertance. On était chez lui pour un apéro, qui s'est transformé en bouffe improvisée, puis en soirée. Et j'ai vu Victor. La Neuvième Symphonie ne s'est pas déclenchée alors, des papillons n'ont pas voleté autour de moi alors que je m'avançais vers lui; pas d'arc-en-ciel ni de licornes pour confirmer le coup de foudre. Non. Mieux que ça : j'ai su, tout simplement. Moi pour qui prendre des décisions est souvent une torture, je n'ai jamais été aussi sûre que lorsque j'ai souri à Victor en me plantant devant lui. "Tu ressembles à Selma Blair", m'a-t-il dit. Pas besoin de bonjour ni de présentations. C'était lui. Tout simplement.

Un vrai de conte de fée, me direz-vous. Sauf que dans ma vie, il y a toujours un "sauf que". Victor n'était pas libre...mais plus vraiment pris non plus. Sa copine et lui se tenaient à distance - un break, en quelque sorte - mais ne voulaient pas se séparer pour de bon. Victor traversait une période difficile, chômage et gros coups de blues; et elle faisait tout pour l'aider, sans l'étouffer, prête à rester en retrait quand il était incapable de gérer le quotidien. Une sainte, quoi. Ou une fille très amoureuse. "Mais tu l'aimes encore?" - "Je lui dois tout". Une réponse qui en dit long.

Entre Victor et moi, il ne s'est rien passé. Une fois, peu après notre rencontre, nous allions nous embrasser quand il s'est détourné."Je ne sais pas grand chose, mais je sais que je ne suis pas infidèle. Même si je le suis déjà trop avec toi."
Pourtant, il la voyait de moins en moins, et moi de plus en plus. Nous allions nous perdre dans les rues , découvrir des cafés cozy, des bars miteux et des magasins étriqués. Nous nourrissions contre l'avis des passants les pigeons obèses de la capitale. Le cinéma. Quelques concerts. Une expo. Il me tenait la main, fermement. Je lui pressais la main avec autant d"intensité. Nous nous agrippions l'un à l'autre comme si nos vies en dépendaient.

Un soir, on s'était donné rendez-vous devant ma boulangerie préférée, rue Popincourt. Nous avions ensuite marché au hasard des rues du 11è, et étions entrés dans un petit bar annonçant une soirée "Vive la Morosité!". C'est seulement en quittant le bar que je remarquai ce signe moqueur du destin. A l'intérieur, nous étions installés sur une vieille banquette confortable, loin de la petite piste de danse et du DJ qui passait des chansons tristes aux rythmes toutefois relevés. En me tenant les mains, il m'annonce qu'il avait décidé de demander sa copine en mariage. Je voulu immédiatement retirer mes mains des siennes, mais il m'en empêcha.
"Mais pourquoi tu te fais ça à toi même?" fut la première et seule chose que je parvint à articuler, sous le choc. Dans toutes nos conversations, je n'ai jamais osé dire "nous". "Nous" n'existait pas alors, et Victor, avec sa nouvelle, venait clairement d'atomiser le maigre espoir de vie que "nous" avait.
Il répondit qu'il ne pouvait pas rompre - elle avait été là pour lui pendant des moments très durs, sans lui poser de questions, patiente. Il ne pourrait jamais rompre. L'épauler avait été comme l'emprisonner dans cette relation. Il se sentait redevable à jamais. Un martyre du couple. Un maso. Un vrai con, oui.

Je dois admettre que je ne voulais pas non plus être la fille qui pousse quelqu'un à rompre - la briseuse de couple, quoi. Même si je l'avais voulu, je n'aurai su comment faire. Ce n'est simplement pas moi.
Je n'ai donc pas essayé de le raisonner, de lui dire qu'un mariage bâti sur de telles bases ne peut être ni sain ni heureux; qu'il pourrait finir par la haîr. Je savais qu'il avait déjà pensé à tout, et que lui aussi savait tout ça. Nous savions, tous les deux. C'était la base de notre relation, après tout.

A l'autre bout de la salle, le DJ a annoncé la dernière chanson de la soirée avant la fermeture du bar. Victor, qui serrait toujours mes mains entre les siennes, s'est levé et m'a entrainé : "Viens, on va danser". Les notes ont déroulé dans l'air, puis la voix à chialer de Morrissey s'est répandue dans l'atmosphère fatiguée du café : "Please... Let me get what I want, for the first time". Pour une fois dans ma vie, un timing parfait, desservant une ironie bien trop cruelle. 
Nous sommes donc restés là, collés l'un à l'autre, front à front, puis ma tête ancrée dans son cou, à faire des petits pas qu'aucun n'aurait qualifié de slow, et encore moins de danse.
Pendant 4 minutes, nous avons été siamois, amants, inséparables. Jusqu'à ce que le DJ quitte ses platines, que les lumières se rallument vivement et que les clients désertent le café. Cette danse fut notre seul accouplement. Pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi proche de quelqu'un que pendant ce moment-là.
En nous séparant, il a murmuré "C'est trop dur". Muette de chagrin, je n'ai pu qu'opiner. Je suis retournée à notre table, ai fini mon verre et le sien d'une seule traite, ai empoigné mon sac et suis sortie du bar. Comme un automate, le cerveau anesthésié, j'ai trouvé le chemin jusqu'à chez moi. J'étais vide. J'ai déniché mon cachet de Tercian secret, celui que je gardais pour une urgence, une situation intenable comme celle-ci. Ca faisait 19 mois que je n'avais pas pris un médoc. Le cachet bleu m'attendait sagement, caché dans une boîte pour lentilles de contact.

Quand je me suis réveillée, 20 heures plus tard, j'étais toujours en un seul morceau, mon appart toujours dans le même état où je l'avais laissé la veille. Aux infos, aucun rapport de catastrophe galactique : Paris tenait debout et toute la Terre continuait de tourner - malgré mon coeur anéanti.
C'était la première et seule fois où j'étais heureuse d'être intérimaire au chômage. J'ai pu annihiler mes neurones à coup d'antidépresseurs et téléfilms américains débiles pendant des jours, sans avoir de responsabilités ni d'horaires à respecter.

Huit jours plus tard, je me suis forcée. A sortir acheter le pain, à me laver les cheveux, à appeler ma mère et répondre aux SMS des copines. Mais jamais je n'ai parlé à Victor. J'ai harcelé 4 agences intérim  pendant 3 jours, jusqu'à ce que l'une d'entre elles en ait marre et me file un boulot, n'importe lequel. J'ai donc mis mon cerveau en pilote automatique et accompli les tâches les plus bêtes et ingrates, continué à m'alimenter, sortir, parler, dormir.

Je ne l'ai pas rappelé. Je ne l'ai pas revu.
A ce jour, je ne sais pas si Victor est marié. Même si nos quotidiens sont parasités de réseaux sociaux, et que je pourrais avoir les réponses à mes questions en un clic, j'ai décidé de ne pas savoir. De cacher le profil de Louis, notre ami commun, afin de limiter les risques à zéro.

Il y a deux mois, j'ai reçu un texto de se part, qui disait "hey". Juste "hey". Je sais ce que veut dire ce petit mot trop court : "Je suis encore en vie, ça va, je sais que tu es là, je ne t'oublies pas". Et il sait que je sais. Alors j'ai répondu : "hey". 

lundi 30 mars 2015

Forever Alone

Vendredi dernier j'ai pris un café avec Thierry, un copain que je ne connais toujours pas vraiment 2 ans après notre rencontre. Une amitié superficielle, quoi; et à chaque fois on ne se capte qu'en coup de vent.

Au milieu de la conversation, je dis que je suis allée voir Une Merveilleuse Histoire du Temps au ciné. "Mais pourquoi tu m'as pas appellé?! Je voulais TROP le voir!!!"

Ah. Oui, en effet : pourquoi je ne l'ai pas appellé, lui ou qui que ce soit d'autre? Ben, c'est simple : je n'ai besoin de personne pour aller au cinéma. Si je veux voir un film, j'y vais, point. Je ne vais pas rater un chef d'oeuvre si personne ne m'accompagne; et puis, après tout, on ne peut pas parler pendant un film, alors pourquoi y aller avec quelqu'un?
Je suis aussi capable d'aller manger au resto seule (que ce soit un kebab ou un "vrai" restaurant), et même en vacances seule, si je veux découvrir un endroit dont je rêve et qui n'intéresse personne parmi mes connaissances. Je n'ai besoin de personne (en Harley Davidson?)



Merde... Et si j'étais trop indépendante, borderline asociale?? Cette conversation m'a fait réfléchir, peut-être un peu trop. Ca ne me dérange pas d'être seule, au contraire : j'apprécie, j'en aie même besoin. Jamais je ne vivrai en communauté, par exemple - le kibbutz, très peu pour moi! Mais sans aller dans les extrêmes, je devrais peut-être faire des efforts pour aller plus facilement vers les autres. Si je l'avais fait plus tôt, peut-être connaitrais-je mieux Thierry, par exemple.

Donc samedi dernier, quand l'envie me prit d'aller voir un autre film, j'eus le réflexe de lui envoyer un SMS (l'appeller? Faut pas abuser, quand même!).

....

Et ce SMS est resté sans réponse. Autant pour la sociabilité! A mort les gens, je resterai asociale, finalement.

samedi 14 février 2015

La contre Saint Valentin

J'ai eu un rendez-vous pour la Saint Valentin, une fois. Une seule fois. Et encore, c'était par inadvertance.
J'étais à la fac, j'étais jeune, toujours aussi fauchée que célibataire. J'avais un TD de sujet obscur (genre "Le pouvoir des femmes dans la société Etrusque du 13è siècle"*) pendant lequel s'asseyait toujours à côté de moi un mec du nom de Constantin. 
Je ne faisais pas vraiment attention à lui - à cette époque, j'avoue que je ne faisais attention à presque personne tellement j'étais absorbée dans mes propres problèmes ( je réalise seulement maintenant que c'est peut-être pour ça que je n'avais pas de copain ou de dates à l'époque, d'ailleurs). 

Bref : Constantin s'asseyait toujours à côté de moi et peu à peu, tenta  de faire connaissance avec moi - un garçon téméraire! A chaque fois, il me proposait de venir boire un verre (pas de chance : j'avais toujours un taf ou un baby-sitting de prévu) ou de faire des trucs du type sociable, chose que je ne suis pas. Mais en plus d'être téméraire, il était aussi persistant.

 Nous étions donc en Février et à la fin du TD, Constantin me demande : "Tu aimes le hockey?
-Ouais, j'adore." (Fact : c'est vrai.)
-Tu voudrais aller à la finale de la Coupe de Chaisplusquoi?
-Euh, oui, pourquoi pas!?"
(Réponse positive car oui, assister à un match de hockey, ça me plait. Prendre un verre avec un type que je n'ai pas franchement envie de connaitre, non. En plus, pas besoin de parler pendant un match - enfin, pas trop.)
"-Ben c'est mercredi. Tu viens avec moi?"
Prise de court, ayant approuvé une idée que je ne pouvais à présent rejeter, je ne pu que répondre par l'affirmative. Constantin se fit alors un plaisir d'ajouter, sourire en coin au visage :
"Au fait, mercredi c'est la Saint Valentin."
ET MERDE.
J'ai donc eu un RDV. Avec un garçon. Le jour de la Saint Valentin. Et une soirée cool, en plus : des mecs virils se battant pour un puck; je trouve ça bien plus excitant que des roses et un collier, non? Bon, en tout cas, ça l'est pour moi.
Mais je n'ai pas pu m'empêcher de tout gâcher, inconsciemment : ma timidité de l'époque, mon anti-sociabilité durent refroidir le pauvre Constantin... qui ne fut toutefois pas assez courtois pour m'offrir la place pour la match. Et n'a pas tenté de m'embrasser après la victoire de l'équipe de Saint-Machin, ni de me ré-inviter où que ce soit durant tout le reste de l'année scolaire. Téméraire, persistant, mais pas idiot, quoi. Il ne m'intéressait pas et l'a bien compris, même si malgré moi j'ai du avoir un comportement trop froid à son égard. Mais bah, c'est la vie, non? Je ne me sens pas coupable. Et je peux dire, maintenant : la Saint-Valentin? Oui, je connais, mais bon, une fois, ça suffit.

*je suis au courant que ce sujet n'existe pas - c'est un exemple des enseignements totalement enrichissants mais inutiles de la fac.
PS : je vous expliquerai peut-être un jour/dans un prochain post pourquoi je suis déjà à nouveau célibataire.... Disons que si on était sur FB, je cocherais la case "C'est compliqué".

jeudi 29 janvier 2015

Les métiers que je pourrais faire

J'ai bientôt 30 ans et je ne sais pas quel métier je veux faire.
Enfin, si : je voulais bosser dans le culturel, l'événementiel. Mais ça fait des années que je passe de stages en jobs précaires sans atteindre une vraie place. Il faut se rendre à l'évidence : je ne travaillerai jamais dans ce milieu. Apparement, en France il faut faire une école de commerce pour travailler dans le culturel - ça en dit long sur le milieu...

Si j'avais su, au lieu de bosser tant d'années en fac sur des concepts qui ne servent à rien, j'aurais mieux fait d'apprendre un métier. Un vrai. Un qui m'aurait donné un job après 2 ou 4 ans d'études pratiques.
Si c'était à refaire, je serais devenue plombier. Coiffeuse. Maquilleuse. Couturière. Electricien. Toiletteur pour chiens. Comptable Peintre en bâtiment. Maçon. Voir, en poussant mes études d'un an ou deux, instit. Ou infirmière. Où, rêve intouchable : fonctionnaire en mairie.

Des jobs qui m'aurait fait trouvé un CDI en un clin d'oeil ou ouvrir ma propre boite sans trop de soucis. Mais malheureusement, mes profs au collège et au lycée ne faisaient que répéter "Tu es intelligente, fais des études."
Parce que pour apprendre à être esthéticienne ou boulanger, il ne faut pas être intelligent? Pourquoi me pousser à "faire des études" vagues et sans débouchés, pour lesquelles je n'avais aucun intérêt? Juste parce que j'avais les aptitudes pour me triturer les méninges afin de produire des dissertations et commenter des documents aussi inintéressants qu'inutiles? Juste parce que me servir de mes mains aurait gâché mes cellules grises?

Qu'est ce que je donnerais pour revenir en 3ème et tenir tête à ma prof principale en lui disant que non, je ne veux pas aller en seconde générale...
Si je l'avais fait, je ne serai pas une cliente régulière de Pôle Emploi. Si je l'avais fait, j'aurai un vrai métier. Si je l'avais fait, j'aurais même une carrière. Si je l'avais fait, j'aurais peut-être même a propre entreprise! Si je l'avais fait, je ne serai pas dans une situation précaire. Si je l'avais fait, je n'aurais pas autant de regrets.

samedi 3 janvier 2015

Presque / Assez

J'ai toujours été presque. Ou assez.
Presque mignonne mais pas franchement jolie; assez douée en dessin mais pas au point de pouvoir devenir artiste; assez bonne joueuse de tennis; presque charmante mais pas assez charismatique; presque écrivain mais pas assez pour en vivre; assez intéressante, presque solvable mais jamais assez riche; assez originale; assez active...
Je n'excelle que dans la médiocrité.