mercredi 18 novembre 2009

How are you today ?


Depuis maintenant presque deux mois, je donne des cours particuliers d'Anglais afin d'arrondir mes fins de mois. Grâce à de nombreuses escapades et autres séjours aux pays de Shakespeare, je maîtrise très bien la langue. Je n'ai pas de formation dans l'enseignement, mais je suis toutefois assez intelligente pour suivre les cours et aider aux devoirs de collègiens.
Mon plus jeune élève s'appelle Timothé, et est en CM2. Il est très intéressant car très intéressé par la langue - il n'a pas besoin de soutien, il veut juste apprendre plus vite qu'à l'école, ou l'instit' ne dépasse pas le stade des couleurs et des jours de la semaine.
Lors de l'avant-dernier cours, j'ai appris à Tim toutes les façons d'exprimer des sentiments. Je débarque donc hier avec un grand "Hello! How are you today?" qui se voulait friendly et motivant.
En retour, j'obtiens un "I'm saaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaad" plein de larmes.
Toto, le cochon d'inde adoré, venait de rendre l'âme. Il n'aurait pas pu mieux choisir son heure.
(VDM)
Au moins, le gamin m'a répondu en Anglais, preuve que mes leçons sont efficaces!

jeudi 12 novembre 2009

Batarde

Lundi, je croise par hasard ma tante (du côté paternel) à la salle de gym. Elle m'invite à venir dîner chez elle le soir même car mon autre tante (sa soeur), est de passage en ville et repart le lendemain.
J'accepte.
En arrivant (après avoir tourné 15minutes sous la pluie, ne me rappellant pas son adresse précise), tante n°1 me demande :
"Tu sais quel jour on est, aujourd'hui?"
Me croyant questionnée sur ma grande culture gé, je réponds fièrement :
"Oui! Les 20 ans de la chute du mur de Berlin!"
tadaaa, je fais mon effet, hein?*
Et... non.
"Raté. C'est l'anniversaire de ton père."
Oops. Comment pouvais-je le savoir, aussi? Je n'ai jamais su grand chose à son sujet, et j'avoue que sa date de naissance n'a jamais figuré dans le peu d'informations amassé à ce jour.
Elle ajoute :
"Et celui de ton oncle Jean-Marc
(mari de Tante N°2), et de ta grand-tante Armande, aussi"
Ma famille ferait-elle une fixation sur la date fatidique du 9 Novembre?

En tout cas, interrogée sur une question dont je ne pouvais connaitre la réponse, je ne me suis jamais sentie aussi ignarde, bête, mais aussi jamais autant batarde.

jeudi 5 novembre 2009

Passe-Partout

Cela va faire 3 mois que je consulte un psy afin de m’aider à y voir clair dans ma vie et mes semis-échecs. "Semis-réussites", l’entends-je me corriger. C’est fou, les psys, une fois qu’on les connait, on les a toujours en tête – comme nos problèmes.

Je ne suis pas trop sûre d’accrocher avec le mien, et ça, à ce qu’il parait, c’est essentiel. Trouver un bon psy, c’est à peu près aussi nécessaire et difficile que de se trouver un mec bien. Je n’en suis qu’à mon premier, alors c’est normal si je ne le sens pas trop.
Mon psy est un homme en fin de carrière, la soixantaine bedonnante, le cheveux blanc et à moitié sourd. C’est assez agaçant de devoir répéter quelque chose trois fois, mais quand c’est un fait qu’on a du mal à accepter et à formuler à voix haute, la gorge pleine de larmes, c’est une torture. Moi qui croyait qu’un psy gagnait bien sa vie, ou du moins assez bien pr s'équiper d'un sonotone high-tech… apparement, ça ne doit pas être le cas de celui-ci. Ou alors, il éprouve un certain plaisir sadique au fait de nous faire avouer un truc dur trois fois. Je penche pour la seconde option. D’autant plus, que, la dernière fois que je l’ai appelé pour prendre un RDV, monsieur n’était pas disponible : « Je suis très occupé, je suis sur un chantier en ce moment. Rappelez-moi demain ». Un chantier ? Ma main à couper qu’il se fait construire une piscine grâce à Claude, l’amie de ma mère semi-tragique qui va le voir une fois par semaine depuis neuf ans. Neuf ans ! J’éspère venir à bout de mes soucis plus rapidement. D’ici 6 mois, en fait, ce serait bien.
Mais ce n’est pas gagné : lors de mon dernier entretien, il me rappela qu’il n’était pas là pour me donner conseils ou avis personnel. Je le sais, ça. Mais je voudrais qu’il me pousse sur des pistes, que cela m’aide à me poser les bonnes questions, que je réalise certaines choses. Ce à quoi il répondit « Mais je ne peux pas vous aider plus. La clé est en vous, mademoiselle. »
La clé est en vous.
La clé est en vous.
Débourser 41€ pour entendre ça ? J’aurais pu faire aussi bien en piochant un fortune cookie au resto chinois du coin.
La clé est en moi, donc.
Comme si je n’avais pas déjà envisagé chaque aspect de ma vie sous toutes les coutures afin de trouver une solution potable à mes problèmes… Il faut croire que je n’ai pas trouvé la clé.

Ah, si, ! Telle une participante à Fort Boyard, j’ai récolté une clé : devenir riche, ne plus avoir à travailler – ma vie serait ainsi réglée. Mais je ne peux gagner au loto rien que par la volonté. Mon seul espoir est d’épouser un vieux plein aux as – mais je n’en connais pas des masses ! A part…
Mon psy !
Yuk. Un truc de plus à enfouir dans mon inconscient et à ne pas ressortir lors de la prochaine séance.