
Je suis allée passer quelques jours chez ma mère, en Province, croyant qu’une bouffée d’air frais me ferait du bien au moral. Mais les aérations devaient toutes êtres bouchées, car ma sensation d’étouffement est vite revenue.
Assise sur le canapé en face de la télé diffusant une émission moribonde, j'ai tenté une conversation avec ma mère. Le genre, the big discussion, quoi. Tout ce que j’ai récolté fut de vexer ma génitrice : « Mais je ne pouvais pas faire mieux avec tes études.
-Ok, ok, ça va. J’ai compris. C’est un peu de ma faute.
-Quel esprit tordu tu as ! Je n’ai jamais dit ça ! »
Mais plus tard, lorsque je propose de lui rendre service, elle me répondit « Non, ça va, j’en aie pas besoin, je peux le faire seule, après tout…
-Oh allez, c’est bon ! Ca aussi ça va être de ma faute ?!
-Quelle intuition tu as ! »
Le sarcasme se transmet chez nous de mère en fille, apparement.
J’ai foncé dans ma chambre et me suis effondrée sur mon lit. Et j’ai pleuré. Le constat que même ma mère, surtout ma mère, ne comprenne rien à la façon dont je me sentes, me mets plus basse que terre. J’ai pleuré. Fort. Sans trop faire exprès. En espérant qu’elle vienne me voir et qu’une fois de plus, j’essaye de lui expliquer.
Mais à la place de ça, elle a juste monté le son de la télé afin de couvrir mes pleurs.
Qui n’ont fait que redoubler.
Ma relation avec ma mère est comme l'un de ces films au sujet de familles dysfonctionelles : c'est tellement triste et pathétique que d'un point de vue extérieur, ç'en est drôle.
Croyez-moi, ça ne l'est pas. Je le sais, je le vis de l'intérieur.

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