jeudi 1 octobre 2009

Dans Paris


La semaine dernière, j'ai décidé de prendre un break et de retourner quelques jours à Paris. Excuse : un concert que je ne pouvais pas rater. Je comptais aussi profiter de ce court séjour afin de revoir des amis et retrouver un semblant de vie sociale.

Le simple aller bled->Paris fut épique.
Alors que j'attendais ma correspondance dans une petite gare, un étudiant fauché ressemblant à Raphaél Mezrahi, renommé "enquêteur" pour l'occasion, me proposa de répondre à quelques questions sur la SNCF et la gare elle-même. J'aurai refusé si j'avais su que son questionnaire recensait 96 (96!!!!) questions assez insipides, qu'il anônnait en me montrant son Palm (oui, c'est démodé, le papier). Je sais lire, merci, et donnait les réponses avant même qu'il n'ait finit sa phrase - c'est qu'à cette allure, je craignais de rater mon train!
Une fois l'interrogatoire terminé, il peinait à trouver des questions afin de me rester autour - c'était de la drague, je crois. Jusqu'au moment où il fut interrompu par un illuminé, assis deux sièges plus loin, qui m'apostropha pour me vanter l'humilité, tout en me demandant si je parlais Français. Alors comme ça, je me la pète et je parle mal ma langue maternelle?
J'allais prendre Raphaél à parti en lui demandant si j'avais fait preuve d'un manque d'humilité à son égard, quand je me rends compte, qu'efrrayé par l'huluberlu, il s'est taillé interroger quelqu'un d'autre! Tu parles d'un preux chevalier.
Le mec achève sa tirade (je crois qu'il en était à la simplicité dans les rapports humains) et Raphael revient alors, en me demandant si je pense que le type est dans une secte. Sans me laisser le temps de répondre, il me demande si je cherche un copain. Quel tact! Je réponds non. "Pourquoi?
-Ce serait un poids."

Dans le mille! Il me lance un regard paumé et s'en va.
Miraculeusement, mon train déboule sur le quai au même moment...

Dès que je pose le pied sur le sol Parisien, j'ai le coeur brisé. Sentiment nouveau. Bien vite, j'en comprends la cause : rien désormais ne me rattache à cette ville que j'aime tant. En jetant un oeil à mon portable, je me surprends à espérer recevoir un SMS haineux de mon ex = n'importe quoi qui me relierait à cette terre d'accueil serait le bienvenu.

Dix minutes plus tard, mon voeux est presque exaucée. SMS, de Rose, qui m'annonce un concert le lendemain - elle est sur la liste, je peux être son +1. Ma vie reprend en un clic technologique.

Le concert que j'attendais tant est un succès. Connaissant un peu le groupe et surtout leur attachée de presse, nous sommes de la partie pour l'aftershow dans un bar branché de la capitale. Le leader d'un autre groupe branché est aux platines. Très stylé, il porte ce soir une veste en tweed sur une chemise saumon, et des aviateurs à branches métalliques - manque plus que la moustache, et il serait un pervers mode 70s parfait. Celà dit, même décalé, il est sexy.
J'accoste un photographe anglais talentueux que j'adore et avec qui j'ai déjà travaillé via le label, il m'invite à son anniversaire deux jours après, en me promettant de me présenter à des gens. Bingo. Un roadie Britannique -qui lui aussi bosse pour les groupes du label où j'étais stagiaire- me dit que je suis "such a dodgy French, so into indie". Je décide de le prendre comme un compliment.

Les jours suivants, je me promène, revoit Thérésa, une amie un peu plus agée mais dont je suis très proche. Je vais aux puces, retrouve David pour aller voir une installation dans une expo, créée par sa coloc. Le thème de l'installation est le chemin parcouru par les gens, où celà nous mène, comment ça nous construit, de quoi sommes nous fait. Suite à ça, je me pose beaucoup de questions : où est mon chez moi? Paris n'est apparement plus ma maison, je n'ai jamais considéré mon bled comme tel. Londres, où j'ai passé un an, ne fait pas non plus office de refuge.
Je ne sais pas vraiment où je vais.
Rose m'héberge une nuit, mais je la sens réticente, notre amitié semble avoir souffert de l'éloignement.
Je ne sais pas vraiment où j'en suis.

Partout où je suis, partout où je vais, c'est toujours ce même refrain qui me revient en tête : "I don't belong here" (Radiohead, "Creep").

Quoiqu'il en soit, ce séjour s'achève sur une note amère mais peut-être apaisante. Je réalise qu'autant que j'ai pu aimer ce monde de dingue, je pourrais en être séparée demain et ça ne me manquerait pas énormément.
Une phase est passée.
Mais quelle est la prochaine? Que dois-je faire? Comment et de quoi vivre?

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